Interdiction location DPE E : calendrier et ce qui change en 2026

juillet 13, 2026

Avec la multiplication des annonces sur la rénovation énergétique, beaucoup de propriétaires bailleurs se demandent si l’interdiction de location pour un logement classé E au DPE est déjà en vigueur. La réponse est non : en 2026, un bien E peut toujours être mis en location. Mais deux évolutions récentes — la réforme du mode de calcul du DPE et un contexte politique mouvant autour du logement — changent la donne pour de nombreux propriétaires. Voici le calendrier légal exact et ce qu’il faut anticiper.

1. Un logement DPE E est-il interdit à la location en 2026 ?

Non. À ce jour, aucun texte n’interdit la mise en location d’un logement classé E au Diagnostic de Performance Énergétique. Seuls les logements classés G sont concernés par une interdiction effective, depuis le 1er janvier 2025. La classe E reste donc louable normalement, sous réserve de respecter les autres obligations classiques (diagnostics obligatoires, décence du logement, etc.).

Cette confusion est fréquente car la loi Climat et Résilience de 2021 a fixé un calendrier progressif d’exclusion des « passoires énergétiques » du parc locatif, et les échéances successives entretiennent l’idée que tout se joue en même temps. Ce n’est pas le cas : chaque classe énergétique a sa propre date d’entrée en vigueur.

💡
24 % du parc immobilier concerné à terme Les logements classés E représentent la deuxième plus grande catégorie du parc immobilier français après le D, avec environ 24 % des logements. L’échéance de 2034 concernera donc un volume de biens considérable.

2. Le calendrier légal de l’interdiction des passoires énergétiques

La loi Climat et Résilience organise la sortie progressive des logements énergivores du marché locatif selon un calendrier précis, classe par classe :

Classe DPEInterdiction de locationStatut en 2026
GDepuis le 1er janvier 2025Interdit
FÀ partir du 1er janvier 2028Encore louable
EÀ partir du 1er janvier 2034Encore louable

Un logement classé E dispose donc, en théorie, encore de plusieurs années avant que la location ne devienne impossible sans rénovation. Ce délai reste toutefois plus court qu’il n’y paraît une fois qu’on intègre le temps nécessaire pour financer et réaliser des travaux de rénovation énergétique d’ampleur.

Pourquoi la classe E est particulièrement surveillée

Contrairement aux classes F et G, qui concernent une minorité de logements souvent anciens, la classe E touche un pan beaucoup plus large du parc locatif, y compris des logements des années 1980-2000 qui ne semblaient pas concernés par la rénovation énergétique il y a encore quelques années.

3. La réforme du calcul du DPE 2026 : votre E peut-il redevenir D ?

Un changement technique entré en vigueur au 1er janvier 2026 peut faire basculer certains logements hors de la classe E sans aucuns travaux. Le coefficient de conversion de l’électricité, utilisé dans le calcul du DPE pour convertir la consommation en énergie primaire, est passé de 2,3 à 1,9.

Concrètement, cette baisse du coefficient réduit mécaniquement la consommation d’énergie primaire calculée pour les logements chauffés à l’électricité — le mode de chauffage le plus répandu dans le parc résidentiel français. Un logement électrique auparavant classé E peut donc, après un nouveau diagnostic, se retrouver classé D, simplement du fait de ce recalcul, sans qu’aucune rénovation n’ait été engagée.

Faites refaire votre DPE si votre logement est chauffé à l’électricité Si votre diagnostic date d’avant 2026 et que votre logement est classé E avec un chauffage électrique, un nouveau DPE peut suffire à le faire remonter en classe D — sans travaux. Pour connaître la procédure de mise à jour, consultez notre guide sur la mise à jour du DPE en 2026.

Ce que la réforme ne change pas

Cette réforme ne modifie ni le calendrier d’interdiction (les dates de 2025, 2028 et 2034 restent inchangées), ni les critères pour les logements chauffés au gaz, au fioul ou au bois, pour lesquels le mode de calcul reste identique.

4. Gel des loyers : une contrainte déjà applicable aux DPE E

Même si la location d’un logement classé E n’est pas interdite, les propriétaires bailleurs de biens énergivores subissent déjà une contrainte réelle : le gel de la révision du loyer. Dans certaines zones et pour certaines classes DPE (notamment F et G, et selon les textes locaux applicables aux zones tendues), la révision annuelle du loyer en cours de bail peut être bloquée.

Cette mesure, distincte de l’interdiction de location, vise à limiter l’attractivité économique de la location de passoires thermiques avant même l’entrée en vigueur des interdictions définitives. Elle constitue un signal fort envoyé aux propriétaires pour anticiper la rénovation plutôt que d’attendre l’échéance légale.

Contexte politique 2026

Le sujet du logement reste au cœur de l’actualité en 2026 : un projet de loi « Relance logement » a été présenté le 23 avril 2026 par Sébastien Lecornu et Vincent Jeanbrun, avec pour objectif de relancer l’investissement locatif privé. Ce texte ne modifie pas directement le calendrier d’interdiction des DPE E, mais il redessine plus largement le paysage du parc locatif énergivore et pourrait, selon les débats parlementaires prévus durant l’été 2026, introduire des ajustements complémentaires.

5. Comment anticiper avant 2034

Même si l’échéance de 2034 paraît lointaine, plusieurs raisons incitent à anticiper dès maintenant :

Délai de travaux
Plusieurs mois à 1 an
Selon l’ampleur de la rénovation (isolation, chauffage)
Financement
Aides + reste à charge
Montage MaPrimeRénov’ souvent long à instruire
Valeur du bien
Décote à la revente
Un DPE E ou F pèse déjà sur le prix de vente
  • Faire réaliser un audit énergétique pour identifier les travaux les plus rentables (isolation des combles, changement de chauffage) avant d’engager des dépenses au hasard.
  • Vérifier son éligibilité aux aides (MaPrimeRénov’, CEE, éco-PTZ) qui peuvent réduire significativement le reste à charge des travaux.
  • Ne pas attendre la dernière année : les artisans qualifiés RGE sont déjà sous tension, et les délais s’allongent à mesure que l’échéance approche.
  • Vérifier ses diagnostics obligatoires à jour avant toute mise en location, au-delà du seul DPE — voir notre guide sur le diagnostic obligatoire pour la location.

Questions fréquentes

Peut-on encore louer un logement classé E au DPE en 2026 ?
Oui, sans restriction liée au DPE. Seuls les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025. L’interdiction pour la classe E n’entrera en vigueur qu’au 1er janvier 2034.
Mon logement électrique classé E peut-il redevenir D sans travaux ?
C’est possible. La réforme du calcul du DPE, entrée en vigueur au 1er janvier 2026, a réduit le coefficient de conversion de l’électricité de 2,3 à 1,9. Cela peut faire baisser la consommation d’énergie primaire calculée et faire remonter certains logements électriques d’une classe, sans aucune rénovation.
Un logement DPE F sera-t-il interdit avant un logement DPE E ?
Oui. Le calendrier est progressif : G depuis 2025, F à partir de 2028, E à partir de 2034. Chaque classe a sa propre échéance, dans l’ordre des logements les plus énergivores en premier.
Le gel des loyers s’applique-t-il déjà aux logements DPE E ?
Le gel de la révision du loyer en cours de bail concerne prioritairement les classes F et G dans certaines zones. Les règles évoluent régulièrement : il est recommandé de vérifier la situation applicable à votre commune avant toute révision de loyer.
🔄
À retenir Un logement classé E reste louable en 2026 : l’interdiction n’entrera en vigueur qu’au 1er janvier 2034, après le G (2025) et le F (2028). La réforme du calcul du DPE peut toutefois faire remonter certains logements électriques en classe D sans travaux — un nouveau diagnostic est à envisager. Ne remettez pas à plus tard l’anticipation des travaux de rénovation énergétique : les délais et le financement prennent du temps.